Purifier l’air : est-ce se surprotéger ?

Les Français sont les plus grands consommateurs de médicaments au monde : 42% des plus de 18 ans prennent au moins un médicament tous les jours. Cette tendance à la surmédication et la surprotection fragilise le corps et le système immunitaire. Peut-on adopter la même approche en termes de qualité de l’air ?

Ne cédons pas à la panique pendant les épisodes de pollution

Notre pays connaît régulièrement des épisodes de pollution, quand un ou plusieurs polluants sont en quantité trop élevée dans l’air. Il ne faut pas pour autant céder à la panique.

Rétablissons quelques vérités.

  • Le nombre d’épisodes de pollution n’a pas augmenté significativement au cours des dernières années. En fait, leur traitement dans les médias français s’est amélioré. Dans les années 2000, les alertes à la pollution étaient surtout adressées aux automobilistes. Aujourd’hui, les médias insistent davantage sur les dangers de la pollution pour la santé et communiquent les bons gestes à adopter.
  • Tous les épisodes de pollution ne se valent pas. La pollution constitue un risque majeur pour tous quand le seuil d’alerte est dépassé. Mais la procédure déclenchée quand le seuil d’information est franchi ne concerne que les personnes les plus vulnérables (nourrissons, enfants, femmes enceintes, personnes de plus de 65 ans) et sensibles (cardiaques, asthmatiques, bronchitiques, insuffisants respiratoires). Ces dernières, déjà fragilisées, risquent de voir leurs troubles aggravés.

Ces éclaircissements ne doivent pas faire oublier les ravages de la pollution. Chaque année, la pollution de l’air fait 48 000 morts en France. Elle est responsable de symptômes allant de troubles du sommeil et respiratoires mineurs aux hospitalisations.

La pollution de l’air nuit quotidiennement à notre santé

La plus grosse part de l'impact sanitaire de la pollution de l’air est dû à l’exposition quotidienne et non aux épisodes de pollution extrême, qui restent relativement rares.

La pollution est toujours présente, à l’extérieur comme à l’intérieur.

  • A l’extérieur, le trafic routier, le chauffage individuel et l’agriculture contribuent aux forts niveaux de pollution en hiver et au printemps.
  • A l’intérieur, l’air est encore plus pollué : 5 à 10 fois plus. A l’air extérieur s’ajoutent les polluants intérieurs. Certains sont diffusés en continu, dans des concentrations faibles (émissions des meubles, des matériaux de construction et de décoration). D’autres sont présents ponctuellement, et leur niveau dépend de nos activités (fumées de tabac, bricolage, entretien). Ces polluants sont d’autant plus nocifs que la pièce est peu aérée.

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Les particules constituent le risque numéro un

L’OMS considère les particules comme le risque le plus grand en matière de pollution de l’air. On distingue les “PM10”, les “PM2.5” et les “PM1.0” selon la taille des particules (Particulate Matter) en micromètres. Toutes polluent l’air intérieur.

  • Les PM10, de 10 microns et moins, incluent les particules très fines et ultrafines. Elles trouvent leurs sources à l’extérieur (pollens, gaz d’échappement, fumées diverses) mais surtout à l’intérieur (spores de moisissures, fumée de tabac, chauffage). 6 fois plus fines qu’un cheveu, elles peuvent pénétrer dans les bronches.
  • Les PM2.5 et PM1.0, particules dites fines et ultrafines, sont plus dangereuses. Émises le plus souvent à l’intérieur (fumée de tabac, émanations de cuisson, combustion d’encens et de bougies), elles se développent facilement dans les pièces humides. Elles peuvent rester en suspension plusieurs jours et pénétrer dans les alvéoles pulmonaires.

Les particules ne sont pas pas visibles mais leurs symptômes sont bien réels. L’exposition aux particules peut se traduire par un picotement des yeux, une irritation du nez et de la gorge, ou encore des nausées et des quintes de toux. A long terme, les effets des particules sont plus pernicieux : cancers, diminution de la capacité respiratoire, maladies cardio-vasculaires … Surtout, l’exposition aux particules accroît nettement le risque de sensibilisation à des allergènes et d’allergies respiratoires. Pour rappel, chaque année, 62% des consultations dans les cabinets d’allergologues concernent cette pathologie. Le nombre d’allergiques lui-même ne cesse de grimper. En 2050, l’OMS estime que 50% de la population mondiale sera concernée. Se protéger des particules, c’est se protéger des allergies et à titre préventif de tous les autres effets indésirables des particules.

On peut assainir son air intérieur en adoptant les bons réflexes

Nous n’avons pas d’emprise sur la pollution extérieure, mais nous pouvons assainir l’air intérieur en adoptant les bons réflexes.

  • Nous vous recommandons d’aérer vos pièces au moins 20 minutes par jour. Faîtes-le de préférence le matin avant 9h ou le soir après 20h, quand les polluants sont moins présents à l’extérieur.
  • Limitez les risques de condensation dans votre logement. Les moisissures se développent dans les pièces humides et mal aérées, et peuvent conduire à des allergies dues au spores.
  • En complément, équipez-vous de systèmes d’épuration d’air adaptés. Un purificateur d’air vous protège au quotidien des polluants et de leurs effets néfastes sur la santé. Il n’est pas question ici de surprotection, mais simplement de bien-être.

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