Pollution : vous êtes exposés dans votre propre voiture !

Nous passons de 80 à 97% de notre temps à l’intérieur d’espaces clos, où nous respirons un air plus pollué qu’à l’extérieur. La voiture, loin de protéger ses passagers de la pollution, empêche les polluants de s’évacuer. Ne sous-estimons plus les dangers qui menacent notre santé !   

Une surexposition aux polluants dans l'habitacle du véhicule

L’exposition à la pollution automobile est aujourd’hui un sujet de préoccupation majeur. « Derrière le volant, nous respirons tous les jours un cocktail toxique », déclarait Patrice Halimi, secrétaire de l’ASEF, l’été dernier. La Fédération des syndicats de la distribution automobile lançait alors une vaste opération de communication avec pour slogan : « L’air à l’intérieur de votre voiture est jusqu’à 4 fois plus pollué que l’air extérieur. » Les chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont permis de faire nettement progresser les connaissances dans ce domaine. Les travaux qu’ils ont menés en 2007 constituent une référence en la matière. Durant deux mois, un véhicule équipé par leurs soins a sillonné les agglomérations rouennaise et parisienne. Les concentrations entrantes de polluants ont été quantifiées et comparées aux réglementations en vigueur. Les résultats enregistrés, qui sont largement supérieurs à ceux mesurés en poste fixe, démontrent une surexposition aux polluants dans l’habitacle du véhicule.

Ce que l'étude de l'Inserm nous apprend

  • Pour presque chaque heure passée dans son véhicule, le seuil de l'OMS en dioxyde d’azote (200 μg/m³ moyenne horaire) est dépassé.
  • Au cœur du trafic quotidien, la concentration de dioxyde d'azote est dix fois plus élevée à l’intérieur du véhicule qu’à l’extérieur.
  • Dans le sillage de poids lourds et de véhicule diesels, cette concentration peut être 65 fois supérieure au seuil de l’OMS.
  • S’agissant des particules, leur concentration est maximale sur les axes routiers les plus empruntés et dans les tunnels.
  • Pour le benzène, la concentration moyenne reste forte, malgré une diminution des essences particulièrement émettrices.

Quels sont les risques pour la santé et comment s'en prémunir ?

A l’intérieur de l’habitacle, le dioxyde d’azote (NO2), les particules fines et le benzène sont les principaux polluants.

  • Le dioxyde d'azote, gaz très irritant, favorise le teqoya_post_decor_02_progdéveloppement de problèmes respiratoires et de maladies cardiovasculaires.
  • Les particules peuvent irriter les voies respiratoires et altérer les fonctions cardiorespiratoires. Certaines sont cancérigènes.
  • Le benzène permet la croissance de leucémies.
Pour en savoir plus sur les polluants, Prenons-nous trop de Précautions ?

Quelques réflexes simples permettent de se prémunir des dangers que constitue la pollution de l’habitacle du véhicule.

  • Evitez les heures de pointe, les embouteillages et les tunnels
  • Aérez en périphérie
  • Ne fumez pas à l’intérieur de la voiture
  • Coupez l’arrivée d’air extérieur dans les tunnels, les bouchons, ou lorsque que vous vous trouvez derrière un véhicule très polluant
  • Nettoyez votre véhicule en profondeur en aspirant régulièrement les moquettes et tissus de l’habitacle, de la planche arrière et du coffre
  • Equipez-vous d’un purificateur d’air conçu pour les véhicules

Le ioniseur, bientôt incontournable dans vos véhicules

La plupart des véhicules disposant d’un système de climatisation sont équipés d’un filtre d’habitacle. Pour l’ASEF, inutile de miser sur ce filtre pour vous protéger efficacement des polluants. C’est d’autant plus vrai en période de chaleur, quand votre système de climatisation tourne à plein régime. Alors, même les purificateurs que certains constructeurs intègrent à leurs modèles ne peuvent pas suivre la cadence. La ionisation de l'air, technologie la plus en vue sur ce marché naissant, permet de traiter directement la pollution à l’intérieur de l'habitacle, sans effets indésirables.

Qu'en est-il des autres modes de transport ?

Entre 2008 et 2009, l’Observatoire régional indépendant de l’air en Midi-Pyrénées (Oramip) a réalisé une étude comparant, selon les différents modes de transport, l’exposition aux polluants.

L’automobiliste est le plus exposé aux polluants. Il l’est d’autant plus que le trafic est congestionné. Pour effectuer la boucle du Périphérique, si le trafic est fluide, on compte environ 30 minutes, avec un niveau moyen en dioxyde d’azote de 150 µg/m3. Un jour de trafic congestionné, la durée de ce même trajet triple, et on mesure une concentration moyenne de dioxyde de carbone deux fois plus élevée.

Le bus est le deuxième mode de transport le plus pollué. Avec un niveau moyen de dioxyde d’azote de 62 µg/m3, le bus, moins pris dans les embouteillages que la voiture, soumet ses passagers à une pollution moindre.

Le métro expose ses usagers à une concentration moyenne de particules fines extrêmement élevée – 292 µg/m3 – 10 fois supérieure à la norme pour vingt-quatre heures de l’OMS. La pollution aux particules est 5 fois plus forte dans le métro que dans la voiture. En revanche, le niveau moyen de dioxyde de carbone reste relativement faible, identique à celui du vélo, soit 22 µg/m3. Le milieu est confiné mais les sources d’émission du gaz sont en air ambiant extérieur.

C’est à vélo que l’on respire le mieux. En l’absence d’environnement confiné, les polluants sont évacués facilement. La concentration moyenne en polluants peut être ponctuellement élevée mais elle diminue dès que l’on s’éloigne du flux de circulation. Attention tout de même à modérer ses efforts et pédaler à un rythme modéré pour éviter l’hyperventilation et l’inhalation excessive de polluants.