5 idées reçues sur la pollution de l’air

A l’heure de la COP21, les sujets abordés sur l’air et le climat sont au centre des débats internationaux. Mais que savons-nous vraiment sur la pollution de l’air ? Il y a bon nombres d’idées reçues : faut-il rester enfermé à la maison lors des pics de pollution ? Ou au contraire aérer ? Porter un masque est-il vraiment efficace ?

1. Le masque de pollution permet de me protéger contre la pollution

FAUX
Les masques ne sont pas une solution optimale contre la pollution car ils ne sont pas très étanches. Par ailleurs, ils ne filtrent que les plus grosses particules. Ils s’avèrent complètement inefficaces contre les particules fines et ultra fines. Or c’est justement ces particules dont il est question dans les débats sur la pollution de l’air. Plus les particules sont fines, plus ils pénètrent profondément dans l’organisme notamment dans le sang et dans les alvéoles pulmonaires. Le docteur Nhân Pham-Thi, pneumo-allergo-pédiatre a affirmé que :

« Ceux qui pensent se protéger avec un petit masque en papier, comme l'on voit souvent sur les photos des résidents chinois exposés à des taux de pollution record, ne ménagent que leur conscience. »

2. Les piétons sont les plus exposés à la pollution de la ville

FAUX
Ce sont les automobilistes qui sont les plus exposés aux particules fines. Une étude menée fin 2012 par le laboratoire d’hygiène de la ville de Paris affirme qu’"Un automobiliste dans sa voiture est trois fois plus exposé aux particules que dans son logement ou dans la rue. Car il est le plus exposé aux polluants atmosphériques gazeux rejetés par les échappements des véhicules automobiles" autour de lui.
Un véhicule n’est pas un bouclier contre la pollution extérieure, le conducteur est au contraire la première victime de la pollution liée au trafic routier.
L’habitacle de la voiture accumule les polluants sans pour autant les évacuer, notamment lors des embouteillages où la pollution est la plus dense. Les piétons et les cyclistes sont les moins exposés car les cyclistes pédalent vite et les piétons peuvent être en retrait. Il est donc tout aussi important d'avoir un air pur à l’intérieur du véhicule qu’à l’intérieur de la maison.

3. Il faut rester chez soi pour se protéger de la pollution.

FAUX
L’air intérieur est 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur selon une une étude réalisée par le ministère de la Santé !
Non seulement les polluants extérieurs, créés entre autres par le trafic s’infiltrent dans les logements par les conduits de ventilation, portes et fenêtres, mais en plus l’air intérieur est aussi pollué par les vapeurs et fumées de cuisine, produits ménagers, peinture et même les cosmétiques comme les parfums, tout comme la poussière, fumée de cigarette, bougies etc.

4. Il ne faut pas aérer son logement lors d'un pic de pollution

FAUX
Au contraire, il faut aérer la maison ! Le Haut Conseil de la santé publique recommande "de ne pas modifier les pratiques habituelles d'aération et de ventilation" même en cas de pic de pollution. Comme décrit précédemment, les polluants extérieurs s’infiltrent à l’intérieur du logement même avec les fenêtres et les portes fermées.
Étant donné que l’air intérieur est 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur, il faut donc aérer la maison en ouvrant les fenêtres pour dégager l’air pollué de la maison. De même lors des pics de pollution, l’air intérieur reste plus pollué que l’air extérieur puisque tous les particules fines s'insinuent via les conduits de ventilation et se retrouvent ensuite piégés entre les murs... Et s’additionnent à toutes les pollutions internes.

5. L’air est de plus en plus pollué ces dernières années

FAUX
Nous avons peut-être l'impression que l'air devient de plus en plus pollué. Et pourtant l'évolution des émissions dans l'air est plutôt encourageante en France. Les particules fines ont été réduite de 58% depuis 1990 (Source: Citepa), la qualité de l'air en France s'est stabilisée et même améliorée, on respire mieux aujourd'hui en France qu’il y a vingt ans, du fait notamment de l’arrêt de certaines activités polluantes, à de nouvelles normes et à des modes de chauffage plus efficaces. Si aujourd’hui il y a une multiplication des pics de pollution, c’est en partie parce que les seuils des alertes ont été abaissés.