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Pollution de l’air et réchauffement climatique

Quelles sont les interactions entre pollution de l’air et réchauffement climatique ?

Le dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre de par les quantités émises, n’est pas compté comme polluant atmosphérique car il n’affecte pas la santé (en tout cas dans les quantités usuelles) là où nous visons. Cependant, les liens entre polluants atmosphériques (ceux pour lesquels nous recevons des alertes pollution) et changement climatique existent, et ce dans les deux sens.

La pollution de l’air contribue au réchauffement climatique

Par exemple, une voiture à moteur émet du dioxyde de carbone (CO2), du plomb, du benzène, des particules et des oxydes d’azote. Ces produits sont toxiques et nuisibles à la santé, mais aussi pour l’environnement. De même certains polluants de l’air comme l’ozone contribuent à l’effet de serre.

Le réchauffement climatique a un effet sur les concentrations atmosphériques de certains polluants

Par exemple, les températures élevées favorisent la production d’ozone ainsi que les feux de forêts (et donc les émissions de particules et autres polluants). Le changement climatique fait aussi évoluer la végétation, et donc les pollens, alimentant ainsi les allergies.

Les deux phénomènes peuvent donc s’entretenir mutuellement. 

Plus de détails sur les interactions ci-dessous, et quelques liens inattendus !

Les conséquences de la pollution de l’air sur le climat

“Les polluants n’impactent le climat que s’ils ont un effet sur la radiation (les rayons du soleil)”, explique Yves Balkanski, climatologue au Laboratoire des Sciences du Climat dans un article de l’Opinion.  D'ailleurs l’impact du CO2 et du méthane sur le changement climatique sont bien connus : ils absorbent le rayonnement solaire, renforçant l’effet de serre d'où le nom de gaz à effet de serre (GES). Certains polluants piègent également dans l’air l’énergie du soleil : c’est le cas du carbone suie (black carbon) qui fait actuellement l’objet de nombreuses recherches.

Fiche de signalement suie

Le carbone suie est émis par les moteurs à combustion, et serait le deuxième facteur du réchauffement climatique dans le monde, après le CO2. Il a ainsi été qualifié de « forceur climatique ». Airparif, l'organisme chargé d'évaluer la qualité de l'air en Île de France, en a d’ailleurs fait le sujet d’un dossier entier. On ne le trouve pas à l’état gazeux dans l'atmosphère, comme le CO2, mais en aérosol (mélange de particules). Il reste dans l’atmosphère quelques jours ou semaines maximum, alors que le CO2 peut y rester 100 ans. Il engendre ainsi un pic de chaleur de courte durée là où le CO2 réchauffe durablement l’atmosphère. Quant à ses effets sur la santé à notre altitude, ils font actuellement l’objet de recherches.

Et les particules fines dans tout cela ?

L’ONU Environnement a communiqué des effets inattendus et pourtant très impactants : les particules fines (de taille nanométrique ou micrométrique, jusqu’à 10 µm) émises par tous les moteurs thermiques (voitures, chaudières, centrales électriques, etc.) ont un effet surprenant ! Elles se déposent sur les glaciers et la neige partout dans le monde, ce qui a pour effet de les assombrir, modérément mais suffisamment pour réduire le réfléchissement du rayonnement solaire par ces surfaces originellement blanches. Pris à l’échelle du globe, la surface concernée est telle que cet effet des particules sur la neige c’est pas du tout négligeable et contribue au réchauffement de la planète !

Image montagne

Au passage, remarquons aussi que le carbone suie est un des principaux composants des particules ultrafines, les deux sujets ne sont donc pas bien éloignés. Leur composition est cependant très variée, le carbone suie étant loin d'être le seul élément, et l’effet de cette composition sur le climat et la santé est également très varié.

Certains aérosols (particules flottant dans l’air) auraient aussi des effets inattendus comme d’accentuer la formation des nuages. Ce qu’il faut retenir cependant, c’est qu’elles ont une courte durée de vie dans l’atmosphère, là où les GES (CO2 et méthane principalement) ont une plus grande durée de vie et s’accumulent. L'impact des derniers est donc beaucoup plus fort.

Quand le réchauffement climatique influence la pollution de l’air

Voici la même photo de Paris prise à différents niveaux de pollution:

Comparaison de pollution à Paris

Dans un précédent article nous avons répondu à la question suivante : pourquoi les alertes à la canicule et à la pollution sont-elles souvent simultanées ? Nous pouvons noter ici que les incendies sont de plus en plus fréquents, comme nous avons malheureusement vu en cet été 2019. En plus de jouer sur le climat, la fumée qu’ils provoquent influence dangereusement l'air sur une grande surface. Et l'augmentation de ces incendies était déjà l’objet d’un rapport du ministère français de la santé en 2011.

Feu de forêt

Un autre impact du réchauffement climatique : les pollens (et allergies liées)

Les allergènes sont maintenant répertoriés comme un polluant et font l'objet d'une législation de surveillance. Pourquoi le climat influencerait les pollens ? En évoluant, il modifie la végétation locale, les plantes du Sud s’implantent au Nord par exemple. Elles y émettent des pollens nouveaux pour la population locale, moins habituée, et qui peut développer des allergies. De même, il avance et rallonge la saison des pollens dans les pays du Nord.

Enfin, les pollens sont modifiés par les polluants de l’air, en particulier par l’ozone, un oxydant puissant qui fracture l’enveloppe des pollens et libère dans l'air des particules ultrafines et allergènes. Les pollens agissent aussi comme des “véhicules”, ils s’imprègnent de polluants pendant leurs voyage ce qui les rend potentiellement plus nocifs. La pollution atmosphérique rend ainsi les pollens plus agressifs et nous-mêmes plus sensibles aux allergènes. C’est l’effet boule de neige sur tous les tableaux.

Quelles sont les solutions ?

La bonne nouvelle c’est que, comme nous l’avons vu précédemment, les polluants atmosphériques ne restent pas dans l’atmosphère des centaines d’années comme le CO2. Une réduction de la pollution atmosphérique aurait ainsi des effets importants et relativement immédiats pour éviter un emballement du dérèglement climatique.

C’est ainsi qu’en jouant rapidement sur les émissions de polluants ayant une action puissante sur le climat, mais une faible durée de vie, tels que : le carbone suie, le méthane, l'ozone et les hydrofluorocarbones (un accord mondial pour leur élimination a été signé en 2016), il est possible d’augmenter la probabilité d’éviter au changement climatique d’atteindre des seuils critiques et irréversibles, ainsi que d’éviter son emballement du à des effets boule de neige.

Autre exemple d'initiative à l’étranger citée par le Réseau Action Climat France : Tokyo a réduit de 55% sa concentration de PM 2,5 (particules fines de taille plus petites que 2,5 microns) entre 2001 et 2011 en interdisant le diesel.

Les solutions sont multiples et le besoin de mobiliser tous les acteurs concernés est très important. Les particules fines sont d’ailleurs font d’ailleurs trop souvent oublier les particules ultrafines (moins de 0,1 microns) qui ont un plus fort impact pour la santé mais dont les interactions sont encore difficiles à connaître du fait de leur très petite taille.

Pour conclure, la pollution de l'air est donc un des aspects important du réchauffement climatique, elle était d’ailleurs le thème de la Journée mondiale de l'environnement organisée par l’ONU, cette année (2019) en Chine.

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